Comment choisir le « bon » graphique dans Excel ?

Madame Trouvetout

Excel est l’outil parfait pour agrémenter un rapport ou un dossier de magnifiques graphiques. Mais le tableur propose plus de 70 différents types de graphiques, et au moins autant d’options de mise en forme ! Alors comment choisir ?

S’applique à
Microsoft Office Excel 2007

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Cette chronique constitue le second article d’une série de cinq. Dans le premier article, je vous ai montré comment tirer le meilleur parti de la fonction de création de graphiques d’Excel. Dans ce deuxième article, maintenant, je vous explique comment représenter les trois grandes catégories de données, en fonction de ce que vous voulez montrer. Dans le troisième article, nous passerons au niveau supérieur en étudiant les comparaisons et agrégations de données. Puis nous passerons en revue quelques graphiques particuliers qu’il peut être intéressant de savoir construire avec Excel : la pyramide des âges et le diagramme ombrothermique. Enfin, dans la dernière chronique, nous terminerons cette série par quelques trucs et astuces utiles pour bien maîtriser les graphiques dans Excel !

Attachez vos ceintures, c’est parti !!

Les trois grands types de représentations graphiques

Rappelons rapidement ce que je vous ai montré dans mon précédent article : on peut, grossièrement, répartir ce que l’on peut montrer avec un graphique selon trois grandes catégories :

  • Une évolution, une tendance (comment X varie ? comment X, Y et Z varient ?) ;
  • Une répartition, une distribution, une composition (comment Y se répartit, se distribue, se compose ?) ;
  • Une relation (quelle relation entre X et Y ?).

Pour chacune de ces catégories, certains choix de graphiques sont plus ou moins bien appropriés. L’exposé qui suit ne reprend pas avec exhaustivité tous les types de graphiques ainsi que la manière de les utiliser (je vous rappelle qu’il existe plus de 70 types différents de graphiques dans Excel…), mais constitue plutôt un petit guide destiné à répondre à la question suivante : « comment choisir le « bon » graphique en fonction de ce qu’on veut montrer ».

Montrer une évolution, une tendance

Pour illustrer ce propos, prenons un cas pratique.

Une seule série de données

Soit l’entreprise Mapetitentreprise, qui vend depuis janvier 2008 des outils de formation (livres papier, livres électroniques, livres audio) sur Microsoft Excel.

En fin d’année, le PDG de Mapetitentreprise souhaiterait connaître le bilan de son année. En particulier, il souhaite connaître les grandes tendances de l’année écoulée. Pour représenter l’évolution de son chiffre d’affaire, il va ainsi choisir un graphique en courbe.

Il peut également choisir d’utiliser un graphique en colonnes (ou histogramme) :

Plusieurs séries de données

Notre PDG dispose également du détail des chiffres en fonction de ses produits. S’il veut connaître l’évolution du chiffre d’affaire de ses différents produits au cours de l’année, il peut, de la même façon, construire un graphique en courbe, simplement en superposant sur le même graphique les trois courbes, dans la mesure où la grandeur mesurée, le chiffre d’affaire en euros, est commune.

Il pourrait également choisir d’utiliser un histogramme.

Ces deux formes de diagrammes (en courbe ou en colonnes) sont parfaites pour montrer des évolutions, des tendances. On distingue parfaitement, par exemple, la croissance continue des ventes en format « livre électronique » au cours de l’année. On constate que le succès des « livres papier » a quasiment été constant tout au long des douze derniers mois. Enfin, on perçoit nettement deux « pics » en ce qui concerne les ventes de « livres audio », en janvier et en juin.

Attention : si les histogrammes peuvent être intéressants pour suivre l’évolution de plusieurs tendances sur le même graphique, il faut éviter de les utiliser quand il y a trop de données.

Montrer une distribution, une répartition, une composition

Continuons l’étude de notre cas pratique…

Une seule série de données, un petit nombre de données

Imaginons maintenant que notre PDG s’intéresse à la part relative de chacun de ses produits dans son chiffre d’affaire. Il s’agit cette fois de réaliser un graphique qui montre comment des valeurs ou des phénomènes se répartissent. Le meilleur choix dans ce cas est probablement le graphique en secteurs, réalisé à partir du tableau de données suivant :

Utiliser un graphique en secteurs (un « camembert ») quand on dispose de données de ce type (des éléments constituant un tout) est très fréquent.

Cependant il ne faut pas oublier que c’est une façon très visuelle de montrer une répartition ou une composition, mais pas une très bonne façon de comparer la valeur relative des parts entre elles. Pour cela, il est préférable d’utiliser un graphique en barres horizontales, qui permet une comparaison aisée des différentes catégories

Il est possible de conserver la vision du tout (comme une valeur formant un total), tout en montrant l’importance relative des parts, en utilisant un graphique en barres empilées

Une seule série de données, beaucoup de données

Notre PDG dispose d’une autre série de donnée, issue de son fichier client : la date de naissance de ses clients. Il décide de réaliser un graphique montrant leur distribution en fonction de leur âge. Il sélectionne donc ses clients actifs de l’année (312 selon son fichier), puis calcule leur âge à partir de leur date de naissance.

Cependant, étant donné le nombre de valeurs possibles pour les âges des clients, un graphique en secteurs serait illisible et peu approprié. Il décide alors d’utiliser un graphique en barre verticales ou horizontales, de manière à montrer la distribution des clients en fonction de leur âge.

Ces deux formes de diagrammes permettent donc d’étudier sans difficulté des répartitions et des distributions. Un simple coup d’œil, dans le cas du bilan de Mapetitentreprise, permet de comprendre que les trois produits vendus par la société entrent dans des parts à peu près égales du chiffre d’affaire de l’année passée, avec une légère prédominance pour le livre papier. Un autre coup d’œil montre que les clients de l’entreprise ont essentiellement entre 45 et 65 ans d’une part, et entre 20 et 30 ans d’autre part.

On peut noter que ce dernier graphique est parfait pour apprécier la distribution des âges parmi les clients, mais ne dit rien du poids relatif d’une tranche d’âge par rapport à une autre. Comme précédemment pour la composition du chiffre d’affaire, pour montrer comment l’importance relative des catégories les unes par rapport aux autres, on utilisera de préférence un graphique en barres horizontales, ou bien un graphique en barres empilées

Montrer une relation

Mettre en relation deux valeurs

Poursuivons. En étudiant de plus près les chiffres de sa comptabilité, le PDG de Mapetitentreprise se rend compte que les livres électroniques semblent surtout attirer ses plus jeunes clients. Pour le vérifier, il établit un graphique en nuage de points qui mette en relation l’âge de ses clients et le chiffre d’affaire moyen généré (livres électroniques seulement).

Mettre en relation trois valeurs

Notre PDG se demande ensuite s’il peut tirer un enseignement de la mise en relation de l’âge de ses clients, de leur nombre, et du chiffre d’affaire total qu’ils génèrent.

Pour mettre en relation trois valeurs, il faut utiliser un graphique en bulles : la première valeur sera figurée sur l’axe des abscisses, la seconde sur celui des ordonnées, et la troisième déterminera la taille de la bulle.

Notre PDG réalise ainsi le graphique suivant, qu’il peut analyser à loisir :

Il est également possible de comparer et de composer ces différents graphiques, mais ce sera l’objet de la prochaine chronique !

« Ce dessin m’a pris cinq minutes, mais j’ai mis soixante ans pour y arriver. » (Pierre-Auguste Renoir)


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